La Loire en Anjou : un arc de 130 km qui
décoche ses flèches de lumière depuis Montsoreau aux
portes de la Touraine, jusqu'à La Varenne, porte vers l'Atlantique.
Fleuve d'élection des rois de France et des sternes
blanches, la Loire a tout apporté à l'Anjou ou presque. Elle
irrigua la province en matériaux précieux, en monuments majeurs,
en idées nouvelles et, bien sûr, en sables d'alluvions propices
à l'éclosion des cultures florales et maraîchères.
Grandeur, prospérité mais aussi "débordements"
d'un cours souvent appelé "dernier fleuve sauvage d'Europe".
Quel que soit son visage, une chose est sûre : la Loire passe ici au
sommet de sa beauté. Une splendeur qui n'a pas échappé aux
plus hautes instances internationales : le Val de Loire a été
inscrit fin 2000 au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco.
La Loire traverse l'Anjou en trois mouvements. Ne manquez surtout
pas l'ouverture, grandiose, entre Montsoreau et les portes d'Angers. Le cours,
d'une majesté sans égale, est ponctué de nombreuses
îles dont les grèves dorées se découvrent
l'été pour accueillir les oiseaux migrateurs. La rive droite
longe sur une trentaine de kilomètres proprement sidérants la
"grande Levée" d'Anjou : cet ouvrage, véritable main
courante pour l'émotion du visiteur, est aussi un bouclier protecteur
pour l'habitant. Sous l'impulsion des rois Plantagenêt, les
"turcies", ancêtres des levées, furent ainsi
érigées dès le XIIème siècle pour contenir
les crues sauvages de la Loire et gagner sur le fleuve des terres cultivables.
Un fleuve d'eau et de sable
Rive gauche, une autre route, plus intime, serpente au pied des coteaux
boisés, dans un enchaînement ininterrompu d'églises
romanes, de ports mariniers, de demeures seigneuriales, de caves et de villages
dorés.
En aval d'Angers, la Loire quitte l'Anjou blanc pour longer un temps l'Anjou
noir et ses coteaux de schiste. Belles étapes à La Pointe,
Savennières, l'île de Béhuard, Chalonnes. Au pied de la
corniche angevine aux coteaux viticoles, le cours du fleuve se découpe
en une multitude de bras d'eau et de terres, îles et prairies alluviales
qui bruissent, printemps et été, de l'activité des
grèbes huppés et du très secret râle des
genêts.
Balbuzard pêcheur
Loire des Mauges enfin, à
Montjean, St-Florent-le-Vieil, Champtoceaux où, passés les
vestiges de l'étonnant "péage" marinier, la Loire
rassemble ses eaux comme dans un dernier sursaut avant d'aller se fondre dans
l'océan. Vallée prestigieuse, vignes à fleur de ciel,
milieu écologique foisonnant : le fleuve quitte ici l'Anjou, sur les
traces de Joachim du Bellay, poète des lieux, dans le sillage des
sternes blanches, muses du fleuve.
Venant mêler leurs eaux à celles du fleuve royal, 4 500 km
de rivières font de l'Anjou un des départements les plus
irrigués de France. Plaisir simple du canotage, émotion
plus forte du canoë et du kayak, évasion totale en tourisme
fluvial et, bien sûr,
la pêche : au coup, au lancer, à la mouche, à
l'anglaise Autant de façons délicieuses de goûter
à l'eau et d'aimer l'Anjou nature !